lundi 14 mars 2011

San Cristobal de Las Casas

Salut!
Je suis maintenant rendu à Puerto Escondido, sur la côte pacifique. Je vais probablement rester un petit bout de temps ici, c’est très charmant. Je vous en parlerai davantage dans un autre compte rendu, pour  le moment voici un compte rendu de la dernière semaine.
San Cristobal de Las Casas
Ville d’altitude, à environ 2200m, San Cristobal est très charmante, entre autre à cause de son centre historique, très bien préservé. Il y a plein de petites rues étroites et de maisons colorées. Et brrrr, il fait froid, surtout à l’heure à laquelle je suis arrivé. Le plan initial était d’arriver à midi et d’avoir en masse de temps pour choisir un hostel mais là, il est 20 :00, il fait noir. Deux voyageuses dans l’autobus, Myra et Goisa ont des réservations pour un hostel, je décide d’y aller avec elles. On prend un taxi, en s’assurant que le taxi sait où est l’hostel, les 2 filles n’ayant pas l’adresse avec elle. Sauf qu’il ne le savait pas vraiment alors on passe plus que 30 minutes à chercher dans les rues et s’arrêter pour demander des informations mais personne ne connait l’hostel. Finalement, on le trouve. Il a l’air bien mais il y a seulement des dortoirs de disponibles et ça ne me tente pas vraiment. On s’entend les trois pour faire une excursion ensemble le lendemain et je pars à pieds, seul, dans la noirceur, avec mes sacs, pour me trouver un hostel. Je ne sais pas si c’est tout le temps comme cela mais, de temps à autre, il y a des pétards qui explosent un peu partout dans la ville.
J’avais déjà repéré un hostel, sur Internet, que je trouve facilement. Ils n’ont pas de chambres simples libres, et elles sont très chères,  finalement je prends un lit en mezzanine d’un dortoir qui est libre. C’est supposé être un des meilleurs hostels du Mexique mais ça m’apparaît plutôt tranquille. Je passe la nuit-là et … je gèle! La température descend à 5 degrés Celsius et malgré des couvertures en extra et le fait que je porte mon chandail de kayak à manches longues, j’ai froid toute la nuit. Il faut dire que le chauffage est inexistant. En plus la chambre donne sur la rue et c’est très bruyant. Et l’échelle pour descendre en bas de la mezzanine me fait un peu peur, il me semble qu’il serait tellement facile de tomber là tellement l’espace entre le lit et l’échelle est exiguë.
Tout ça pour dire que, le lendemain matin, avant mon excursion, je déménage. Je visite une couple d’hostels, pour arriver à celui qui m’a été recommandé par des français pendant que j’étais à Merida. Le Gite del Sol, appartenant à un québécois qui est ici depuis 6 ans.  Pour le même prix, 130 pesos, que mon lit de dortoir, ici j’aurai une chambre simple et un choix entre 4 petits déjeuners différents! Il faut dire, qu’à date, lorsque le déjeuner est inclus il s’agit simplement de toasts, beurre, confiture et café. Ici il y a des omelettes, par exemple. MIAM!  En plus il y a le wifi directement dans la chambre, quand ça marche.
En plus, il y fait beaucoup plus chaud la nuit. Pas parce que ma chambre est chauffée mais plutôt parce qu’elle n’a pas de fenêtre qui donne directement sur l’extérieur.
Oh, il fait froid la nuit mais le jour, sous le soleil, c’est très agréable, avec des températures dans les 20-25 degrés.

Chamula
Le lendemain, avec une gang venant de l’hostel ou mes deux co-voyageuses sont installées, on va au village maya de Chamula. Ça tombe bien, c’est la dernière journée du carnaval. On y va en colectivo et on arrive au village ou il y a une grande fébrilité. Il y a une foule, que des hommes, sur la place centrale alors que les femmes sont sur le périmètre ou sur les toits des édifices environnants. Pour l’instant, il n’y a pas beaucoup d’activité, c’est plutôt lent, avec des parades de temps à autre sur la place.
En attendant, je vais visiter l’église du village. Le bâtiment est une église, mais il n’y a pas de prêtre qui la fréquente car les Mayas pratiquent un catholicisme spécial. Mon impression est que leur religion animiste a assimilé le catholicisme. C’est très apparent dans l’église et un peu troublant. Il n’y a pas de bancs, ni d’hôtel. Des figurines, grandeur nature,  de saints dans des coffres de verres sont installées sur le périmètre intérieur.  Et devant certaines, des groupes de mayas sont installés, assis sur le sol, et pries. Ils ont plantées des centaines, voire des milliers de chandelles un peu partout sur le sol. Il y a des braseros qui brulent de l’encens. Selon ce que j’ai compris, il y a une correspondance entre chacun des saints qu’ils prient et les anciens dieux (de la terre, du soleil, des champs, la lune, la fertilité, …). Ils peuvent prier devant Saint-Augustin mais en fait ils prient l’ancien dieu qui est représenté par Saint-Augustin. Près d’une autre église, dans un autre village maya, il y a un écriteau qui demande d’éviter les sacrifices de poulet dans l’église.
Très étrange et troublant. Plus sur Chamula à Wikipedia: Chamula
Photos
Les mayas n’aiment pas être pris en photo. Il est interdit de prendre des photos dans les églises ou de photographier les autorités religieuses. La pénalité est de risquer de se faire battre. Notre guide nous indique que beaucoup sont saouls (encore plus en cette journée de carnaval) et que la police l’est autant. D’ailleurs un touriste c’est fait battre parce qu’il a pris une photo pendant que j’y étais. Je ne l’ai pas vu mais quelqu’un dans le groupe l’a vu. Ayant lu là-dessus avant d’arriver et voyant cela confirmé, je n’ai pas pris de photos dans les villages maya et presque pas à San Cristobal.
Auparavant les mayas n’aimaient pas les photos car ils croyaient qu’on leur volait une partie de leur âme, mais, maintenant qu’ils ont aussi des appareils photos, ils ne veulent tout simplement pas qu’on les photographies. Entre eux ils se photographiaient pendant le carnaval.
Si vous cherchez pour Chamula dans Google images search, vous y trouverez de très belles photos. Cliquez ici pour ça


Carnaval
À un certain moment, ils ont mis, après avoir paradé, du foin sur la place centrale. Une fois un beau tapis de foin installé, ils y ont mis le feu. On parle ici d’une grande superficie, au moins 30m par 120m. Lorsque le feu a commencé à se propagé, il y a eu une ligne d’une trentaine d’homme qui courraient d’un bout à l’autre de la place, en sautant par-dessus les flammes, au risque de se brûler. J’ai cru comprendre que c’était une façon de se libérer de mauvaises actions.
La deuxième cérémonie était avec des taureaux. Chaque taureau était attaché par deux cordes, une à l’avant et une à l’arrière, et chaque corde était tenue par une vingtaine d’homme en costumes. Ils étaient en charge de plus ou moins contrôler les taureaux pour qu’il n’y ait pas un massacre dans la foule présente, très compacte, sur la place. Les taureaux faisaient le tour de cette place. Il y avait encore plus d’hommes, costumés autrement, dont la charge était d’exciter les taureaux pour les rendre les plus furieux possible.  Il y avait aussi des pétards lancés en l’air de temps à autre.
De temps à autre, quelqu’un sautait sur un taureau pour essayer de rester dessus. La plus part des taureaux étaient plutôt tranquille mais certains n’étaient vraiment pas content. J’ai vu un cavalier se faire passer dessus et être évacué, inanimé. De temps à autre un taureau chargeait la foule et ça créait des mouvements de panique.
C’était à la fois excitant et troublant. Troublant de voir du monde se blesser ainsi, troublant de voir les taureaux se faire agacer ainsi.
Après un moment, on a décidé de retourner au colectivo pour retourner à San Cristobal mais on s’est vite aperçus que le chemin pour se rendre à la station des colectivo était aussi le chemin pour amener les taureaux vers la place. Alors nous aussi, de temps à autre, on est allé se réfugier sur les côtés, derrières les comptoirs de certaines échoppes, pour nous mettre en sécurité.
Spectacle Maya
En soirée, nous avons vu, à l’intérieur, un spectacle, Palenque Rojo, racontant l’histoire d’un chef maya de Palenque ayant été enlevé par une autre ville maya et comment il se fait saigner des parties génitales, brule son sang et fait un voyage dans « l’underworld » pour y rencontrer des dieux et éventuellement réussir à s’échapper de sa prison, après plusieurs années. Un beau spectacle. Les costumes étaient très beaux à voir.
Excursions
J’ai fait deux excursions organisées à partir de San Cristobal. Une pour aller voir le superbe Canyon de Sumidero. De très belles vues, beaux paysages. La rivière était très invitante, sous un soleil chaud, et donnait le goût de s’y baigner. Des crocodiles se faisaient dorer en attendant qu’on y aille.



Une autre nous a amené, tour à tour, voir une grande caverne (Gruta del Rancho Nuevo) dont on pouvait explorer 750m sur les 2km connus, une cascade de 120m de haut (Cascadas del Chiflon) ou je me suis trouvé un petit coin isolé pour luncher, et le parc Lagos del Montebello, ou il y a 129 lacs de couleurs très prononcés. Cette excursion comptait 8 heures de route pour 3 heures de visites, ce n’est pas un bon ratio à moins que la destination soit exceptionnelle, ce qui n’était pas le cas. Mais les chutes, avec une eau de couleur turquoise, étaient vraiment belles.

Zinacantan
Ayant quelques heures libres avant de prendre mon autobus de nuit pour Puerto Escondido, je suis allé visiter seul cet autre village maya. Comme il n’y avait pas beaucoup d’achalandage, le colectivo était une petite voiture et je me suis retrouvé assis en arrière, coincé entre deux femmes mayas habillées de façon traditionnelle, c'est-à-dire beaucoup de couches de vêtements en laine, il faisait chaud! Le point fort de la visite de Zinacantan était la visite de « l’église ».
C’est une autre église assez spéciale. Par exemple, les croix, à l’extérieur, sont garnies de branches de pin et de fleurs. Il y a une guirlande de végétation autour de la porte principale. À l’intérieur, il semble que j’arrive en plein milieu d’une cérémonie. Ils sont en train de recharger l’énergie des saints. Ils les dévêtissent, les lavent, les habillent. Le tout entouré de braséros d’encens et surveillé par au moins une trentaine de personnes en costume cérémonial. Il y a un groupe de femmes assises sur le plancher qui tiennent des cierges emballées dans de grandes feuilles vertes. Ça vaut la peine d’aller lire http://en.wikipedia.org/wiki/Zinacant%C3%A1n et http://www.luxuriousmexico.com/wwwluxuriousmexico/Luxurious%20Mexico/Products/EnglishProducts/ChiapasZinacantan.html
En route pour Puerto Escondido
J’ai pris un autobus de nuit, pour 13 heures, pour me rendre à Puerto Escondido, une petite ville sur le bord du pacifique Là-bas, j’y retrouverai Daniel et Hélène, un couple qui est en voyage depuis octobre 2009 et que j’ai vu pour la dernière fois à Kolkata, en inde, il y a un an. Je pense y rester au moins une semaine, voir quelques semaines si j’aime ça. Étrangement, le chauffeur s’est trompé de chemin à au moins deux reprises et cherchait comment le retrouver en demandant aux villageois en ayant toujours le problème qu’un gros autobus ça ne fait pas de u-turn facilement.
Voici un aperçu de la vie à Puerto …

Au plaisir et à bientôt,
Sylvain

mercredi 9 mars 2011

Merida - Palenque - Aventures en Autobus

Merida
À environ 5 heures d’autobus de Playa del Carmen se trouve la ville de Merida, capitale du Yucatan. Il s’agit d’une vraie ville – pas une station touristique – de pas loin d’1M habitants. Mon auberge est située dans le centre historique, dans une maison du 18ieme siècle.  Maison est un peu un grand mot car il y a une bâtisse faisant la façade sur une rue achalandée et une grande cour avec d’autres bâtiments, dont ma chambre. Et aussi une grande piscine, très pratique compte-tenu qu’il fait dans les 35 degrés à tous les jours. Les nuits sont plus fraîches, ce qui est très bien pour dormir vu que je n’ai pas pris de chambre avec air climatisé. Ma chambre, privée, avec salle de bain partagée à l’extérieur de ma chambre (et en bonne partie à l’extérieur tout court) me coute moins de 20$ par nuit, petit déjeuner inclus.
C’est un petit oasis de tranquillité au cœur de la ville, on entend les oiseaux plutôt que la circulation.



Je suis arrivé juste à temps pour le carnaval, ce qui est un beau hasard.
Ville coloniale, Merida a été construite sur le site d’une ancienne cité Maya. D’ailleurs, les pierres des temples Mayas qui y étaient situés ont été recyclées par les espagnols  pour construire la cathédrale et plusieurs autres édifices.


Il y avait beaucoup d’excursions à faire dans le coin, beaucoup de ruines de temples mayas, mais je ne me sentais pas tellement « ruine » pour l’instant, en sachant que j’aurai l’occasion d’en voir plus tard dans mon voyage.
Le coût de la vie ici semble être pas mal moins élevé qu’à la Riviera Maya. Je dirais que l’hébergement et les hôtels en général coutent 50% moins cher, la nourriture et les transports locaux me semblent aussi moins chers.
Il semble y avoir un intérêt de la part d’étrangers pour acheter des propriétés ici, compte tenu de la qualité relative de la vie à Merida.
Lorsqu’on voyage seul, beaucoup de la perception d’une ville dépend des rencontres qu’on y fait et des conversations qu’on y a. Il y avait une ambiance plutôt indépendante à l’hostel et je n’ai pas vraiment connecté avec personne, sauf peut-être le soir du carnaval ou on est sorti en groupe. Au moins il y avait des cours de Salsa à tous les soirs, mais malgré ça, je n’ai pas eu beaucoup de plaisir à Merida à cause de l’ambiance à l’hostel.
Los 3 Cenotes de Cuzama
Encore des cenotes!
Ne trouvant pas personne pour faire l’excursion avec moi, j’ai fait cette excursion moi-même, sans guide. J’ai pris un taxi collectif de Merida jusqu’au petit village de Cuzama, un trajet d’une heure. Cela aurait pu être difficile à trouver avec une voiture louée car je n’ai pas vu beaucoup de signalisation routière.
De là, il fallait prendre un genre de moto taxi, un peu comme les tuktuks asiatiques, sauf qu’au lieu de se faire tirer, on se fait pousser par une demie moto. Toujours pas d’indications à ce point. Après 15 minutes de route, il y a une pancarte qui annonce les cenotes … et le mextuk continue et ne s’arrête pas.  

Un peu plus loin, on arrive à un endroit où il y a une petite voie ferrée qui entre dans la forêt (dans la jungle?).  Il y a des petits chariots en bois, avec des roues de chemins de fer. En fait, il y a environ 10km à faire dans un petit chariot, tiré par un cheval, sur le chemin de fer, pour se rendre au cenotes. Et, comme il n’y a qu’une voie, lorsqu’un chariot en rencontre un autre à contre sens, il faut qu’un des deux dérailles et s’enlève du chemin. C’est arrivé à plusieurs fois. À certains endroits il y a des aiguillages que mon conducteur de chariot change avec ses pieds sans qu’on s’arrête. J’ai aussi remarqué que ça pouvait rapidement virer mal, ayant vu un chariot dérailler accidentellement parce que le cheval  s’était emballé. Les deux passagers se sont retrouvés à terre, sans blessure heureusement. Il faut dire que les vitesses sont plutôt basses.

Ce réseau de rail avait été mis en place pour aider la culture d’une plante dont la fibre était utilisée pour faire des cordages jusqu’à la deuxième guerre mondiale, quand le nylon l’a remplacé. C’était l’exportation principale de toute la région. Le rail alimentait une usine qui a continué à opérer jusqu’en 2002, quand  l’ouragan Isidore l’a détruite. Depuis, le rail est utilisé pour faire visiter les cenotes. Cela donne aussi une source de revenus aux habitants locaux qui ne travaillent plus à l’usine.
Les cenotes étaient vraiment magnifiques. Certains n’étaient qu’accessible qu’en descendant une échelle vertigineuse pour aller sous terre et se retrouver dans le cenotes. Compte tenu du manque de protection, je me demande à quelle fréquence il y a des accidents.
Une fois dedans … magique. Entre autre lorsqu’un rayon de soleil est passé par une faille dans la surface pour venir faire une colonne de lumière jusque dans le fond de l’eau et aussi se refléter au plafond. J’ai été chanceux, cela n’a duré que quelques minutes.


Après le cenotes, j’avais faim! Mon conducteur de Mextuk m’a suggéré d’aller au village, je crois qu’il était pressé de rentrer et d’attendre d’autres clients potentiels. J’ai eu beau chercher, je n’ai jamais trouvé d’endroit pour manger dans le village, d’ailleurs les habitants à qui je demandais semblaient se demander ce que je faisais là. Peut-être que le village s’est vidé suite à la fermeture de l’usine.
Carnaval
Avec un groupe de l’hostel, on est allé voir le défilé principal du carnaval. On s’est payé des places en deuxième rangée sur le bord de la rue. Il faut dire que des entrepreneurs s’étaient installés tout le long du parcours avec des chaises et des stands de nourriture ou boisson. Le parcours étant sur plusieurs km, il y avait de la place pour accueillir beaucoup de monde.
Le défilé a duré environ deux heures, beaucoup de chars allégoriques et des invités d’un peu partout en Amérique latine.

Et après le défilé, qu’est-ce qu’on fait?
So you think you can dance?
Les mexicains dansent dans la rue. Il faut dire qu’à tous les 500m, il y a des scènes sur lesquelles se produisent des groupes. Cette partie de la fête commence immédiatement après le défilé, tout le monde va dans la rue et danse. Y compris nous.
Je dansais avec mon groupe quand une petite vielle mexicaine laisse son partenaire et vient me prendre pour danser. Elle est rétive la mexicaine, je crois qu’elle veut me montrer à danser le merengue, mettons que c’est plutôt sportif pour mon lead. Il y a de grosses différences culturelles. Après une danse je lui dis merci et je retourne danser avec mon groupe. Quelques danses plus tard, elle revient me chercher et on danse encore un peu. Après la danse, cette fois-ci, elle se transforme en pieuvre et s’accroche à ma taille (sa tête ne m’arrive guère plus haut que mon nombril) et me dit quelque chose que je n’arrive pas à comprendre. Je la ramène vers mon groupe ou on m’explique qu’elle veut que je lui paie une bière, qu’on aille prendre une bière ensemble. Je sollicite du regard l’avis de ceux qui sont autour de moi, certains habitants à Merida depuis plusieurs mois,  et je crois percevoir un message plutôt simple … « Run ».
Un peu plus loin je vois Lucinka, une fille du groupe qui danse ou plutôt bondi comme une déchainée sur une cumbia entrainante. Je pars, bondis  vers elle et commence à danser avec elle en sortant tous mes moves. I’m dancing for my life. ;-) On a bien du fun à danser, j’en beurre épais, sous le regard méchant de la mexicaine … qui éventuellement s’en va ailleurs. J’ai remercie Luninka de m’avoir sauvé la vie ;-).
Palenque
Les voyageurs arrêtent à Palenque pour visiter des ruines Maya qui sont pas mal spectaculaires. Ayant pas mal voyagé, j’ai vu pas mal de ruines. Mais celles-ci, au milieu de la jungle, sont pas mal remarquables. Elles datent des années 600 à 750. Plus spectaculaires que Chichen Itza, moins que Angkor Wat. Il y a une trentaine d’édifices qui ont été rendus accessibles mais il y en a probablement encore un millier qui est caché par la jungle.

Comme la ville elle-même de Palenque n’a rien de spéciale, je suis allé dormir deux nuits à El Panchan, petite communauté un peu hippie dans la jungle. Je me suis retrouvé un peu plus creux que je pensais, mais c’est quand même très bien, j’ai une petite cabane, très humide, avec un ventilateur et le bruit de la jungle m’entoure.

D’ailleurs, comme El Panchan est près des ruines de Palenque, j’ai marché pour m’y rendre et j’ai pu voir des colibris, des papillons, des lézards et entendre des dinosaures.
En fait c’était des singes hurleurs qu’on entend tôt le matin et au coucher du soleil. Très, très impressionnant comme cri. C’est considéré comme étant l’animal le plus bruyant au monde. Ça doit être absolument terrifiant d’entendre cela par surprise lors d’une promenade dans la jungle. Vous voulez entendre cela? Cliquez Howling Monkeys Sound - NPR
La route vers San Cristobal de Las Casas
Une voyageuse, à l’hostel de Merida, avait raconté comment son autobus avait été pris pour cible par des tireurs, la nuit, sur la route entre San Cristobal de Las Casas. Il n’y a pas eu de blessés mais elle pouvait voir les trous de balles dans l’enveloppe de l’autobus. Cela a aussi retardé son arrivée car l’autobus a dû se mettre en sécurité et attendre une escorte de la police fédérale. Cette région, le Chiapas, est assez active au niveau politique et assez troublée. Les touristes ne sont pas d’habitudes pris en cible mais ça arrive. Pour éviter ce genre de problème, j’avais décidé de briser le voyage vers San Cristobal de Las Casas en plusieurs étapes et de les faire de jour.
Le dernier segment, Palenque – San Cristobal commence tôt, j’avais choisis un autobus partant à 0700 pour arriver tôt à San Cristobal, vers midi, et avoir plus de choix et de temps pour me trouver une chambre. Il faut dire que depuis le début du voyage je ne fais aucune réservation et j’arrive sur place et me trouve un endroit ou coucher selon ce que j’ai repéré par Internet les jours précédents.
Nous partons donc à 0700 et, une heure et demie plus tard, alors que nous roulions déjà depuis quelque temps sur une route en lacet, très étroite, dans les montagnes, avec des bouts de routes qui ont été emportés par des glissements de terrains, une voiture de police arrive en sens contraire et a une discussion avec le conducteur. À ce que je comprends, ça ne passe plus. Les habitants d’un village sur la route ont dressés des barricades et bloquent complètement la circulation. C’est un problème car la seule autre route alternative implique un détour d’environ 8 heures. En plus, pour s’y rendre il faut que l’autobus fasse un u-turn. Pas très facile sur une petite route de montagne. L’autobus roule lentement pendant un certain temps jusqu’à ce qu’on croise un chemin de terre et finalement fait le u-turn. Et nous sommes partis pour le détour de 8 heures.
Je suis  donc arrivé à 2000 à San Cristobal. Pas le moment idéal pour me trouver une chambre mais j’en ai trouvé un qui a fait l’affaire pour cette nuit-là. Il faut que je lève mon chapeau à la compagnie d’autobus ADO qui nous a pris en charge et nous a livré à destination malgré le grand détour. C’est certain qu’ils n’ont pas fait d’argent avec ce voyage.
Un leçon que j’ai tiré de cette aventure, toujours planifier pour ce genre de choses. J’avais sauté mon déjeuner, tellement il était tôt quand j’ai quitté mon hostel à El Panchan/Palenque . J’avais prévu me rattraper à San Cristobal. En fait, à part quelques petites affaires que j’avais à grignoter dans mon sac, je n’ai pas mangé jusqu’à 1900 ce soir-là, alors qu’on a fait un arrêt pour changer d’autobus. Je serai mieux préparé pour mon prochain voyage en autobus.
Au plaisir,
Sylvain

mardi 1 mars 2011

Playa del Carmen

Playa del Carmen
Après un vol sans anicroche, j’arrive à Cancun avec Wesjet. En sortant de l’aéroport, j’ai la surprise de me faire interpeller par mon prénom. C’est Cédric, un ami rencontré en mai au Club Med Turquoise qui a l’air de m’attendre là! Très surprenant, surtout qu’il ne savait pas que j’arrivais … En fait il attendait un ami et est aussi surpris que moi. C’est drôle comme le monde est parfois si petit.
Je prends l’autobus ADO pour Playa del Carmen (110$mx) et arrive alors qu’il commence à faire noir. Il me reste à marcher jusqu’à chez Karine, une amie rencontrée lors de mes cours de rueda qui travaille maintenant ici, qui va gentiment m’accueillir pendant quelques jours, le temps de m’orienter.
Je pourrais prendre un taxi mais, bon, je ne suis pas pour commencer à prendre de mauvaises habitudes tout de suite en commençant. Il fait noir, ce qui est un moins lorsqu’on arrive dans une ville inconnue, mais il fait frais ce qui rends la marche avec mes bagages supportable.
Bagages? Qu’est-ce qu’on emporte avec soit pour un voyage d’une durée indéterminée? J’en parlerai plus dans un autre blog mais, en bref, un sac à dos de 40l, pesant 9.6kg et un petit sac à dos de jour (pour tricher) contenant surtout mon électronique, pesant 6kg. Ça fait quand même de poids, j’ai sans doute un peu trop de choses.
M’étant ben préparé, Google Street View ayant des images pour la rue de Karine, je trouve facilement l’endroit même si il n’y a pas d’adresse. C’est plutôt la maison jaune entre telle et telle avenue sur telle rue.
Karine est là pour m’accueillir, c’est mon jour de chance, elle est en congé aujourd’hui.
À ce que j’ai compris, travailler ici est loin d’une partie de plaisir, 6 jours semaines, 3 heures de transport par jour pour se rendre et revenir du travail, des horaires de jour et parfois tard de soir la même semaine. En fait, il semble y avoir une surabondance de main d’œuvre ici, beaucoup d’étrangers souhaitant s’établir ici et de plus en plus de mexicains sont formés pour travailler dans le domaine du tourisme, et les employeurs en profitent grandement. C’est très difficile de tirer son épingle du jeu et je dois souligner la persévérance de Karine qui travaille si fort pour réaliser son rêve de s’établir ici.
Nous allons souper ensemble et j’ai mon premier souper mexicain, de style restaurant local, du voyage et surtout mon premier Licuado à la mangue. C’est un peu comme un smoothie-milkshake. Maudit que c’est bon. Est-ce que j’ai dit que c’était bon? Celui-là était particulièrement bon.

Vous ne pensez-tout de même pas que je vais vous raconter toute ma semaine à Playa minute par minute? On va aller à l’essentiel …
Xplor
Vous l’avez vu dans mon autre blog, une des meilleures attractions à vie.
Akumal
Petite baie à environ 30km au sud de Playa. Magnifique plage de sable, bel endroit pour y faire du snorkeling, belle rencontre avec des tortues. Je ne pense pas avoir déjà eu l’occasion d’être si près de si nombreuses tortues de mer. Et ce en partant de la plage.

Yal-Ku
Lagon entouré de roche, un peu cenote. On y va pour y faire aussi du snorkeling, a 2-3 km de marche de Akumal, ça en vaut vraiment la peine. Il y a des poissons, bien sûr, mais surtout l’environnement est vraiment enchanteur. Un bel endroit pour piqueniquer entre deux sorties en snorkel.

On est quand même dans un pays tropical …
Un soir alors que j’étais seul dans la chambre, avec le chat de Karine, tout installé confortablement à lire, la guerre éclate dans la chambre. Le bol de nourriture du chat explose, la nourriture revole partout, les papiers sur une table de chevets tombent par terre, le chat commence à faire le tigre et chasse …
C’était une sauterelle grosse comme un 747 (en fait plus longue que mon bras est large, plus grosse que mon pouce) qui a décidé d’explorer la chambre (il faut dire que la porte et les fenêtres sont ouvertes, il fait chaud!). Je réussi à l’attraper avant que la chambre sois sans-dessus dessous (en fait c’est elle qui m’attrape en me sautant sur le bras …) et essais de la mettre dehors …
Ça a quand même de super bon crochets une sauterelle de cette envergure.
J’ai quand même survécu.
C’est sans compter les immenses scarabées que je retrouve mort à l’occasion dans la douche, le chat les chassant, les exécutant et les laissant là en sacrifice aux fourmis …

Cenotes
Même si j’avais fait Xplor, ça me tentait d’aller faire du snorkel dans un cenote et je suis allé au cenote des deux yeux (Dos Ojos). Deux cavernes effondrées qui servent de porte d’entrées au monde souterrain et une troisième caverne accessible à la nage à partir de l’une des deux autres cavernes.
Maudit, j’ai encore été émerveillé. C’était tellement beau (je me répète? Tant pis, vous m’en parlerez si vous y allez). En snorkel j’ai pu explorer un peu, passer d’une caverne à l’autre par des boyaux ou il n’y avait que quelques centimètres d’air, tout en contemplant les décorations des cavernes … Les photos ne rendent pas justice au monde souterrain mais en voilà quelques –unes quand même. À noter que la partie accessible en snorkel ou à la nage n’est qu’une petite partie du réseau de cavernes, les plongeurs ayant la certification appropriés peuvent aller beaucoup plus loin. Il y a de longs tunnels qui amènent très loin …
Et l’eau était d’une clarté …




La plage de Playa …
Elle est très belle, bien sûr, vous pourrez trouver des photos partout sur le net. J’en ai pas tellement profité, à part une baignade de temps en temps car ce n’est pas si le fun que ça de se baigner seul et je n’avais personne à qui faire des tours de catamarans! Il y avait de belles vagues et il y a des écoles de kite surfing pour les intéressés.
Colectivo
En plus des taxis et des autobus, il y a un réseau de minivan collectif (taxi collectif?). Ça fonctionne de façon simple et ce n’est vraiment pas cher … environ 30-40 pesos pour presque 100km. (Le pesos est à 8 cents cdn présentement).
On prend un colectivo à un terminus ou on l’arrête sur « l’autoroute » entre Cancun et Tulum (Playa del Carmen est entre les deux). Lorsque le chauffeur nous voit, il fait un appel de phare si il a de la place, sinon on attend le prochain. C’est, la plupart du temps, très efficace avec peu d’attente. Sauf une fois où j’ai attendu pendant 45 minutes sur le bord de la route.
Hôtel
Après avoir passé quelques jours chez Karine, maintenant prêt à voler de mes propres ailes, je me suis trouvé un hôtel sur la Quinta (rue principale). Une chambre très simple à 400 pesos par nuit. Le Jungla Caribe. Très bien situé, à 3 minutes de la plage et prêt de tous les services. Il est possible de trouver de très belles chambres entre 35$ et 100$ la nuit, selon le luxe et la proximité de la plage. Pour être directement sur la plage il faut sans doute compter un peu plus.
Il est possible d’arriver à Playa sans réservation d’hôtel et de juste marche un peu le long de la Quinta (préférablement pendant que quelqu’un garde notre sac lorsqu’on ne voyage pas seul) et dans les rues transversales et il est très facile de trouver des hôtels avec des chambres libres même en haute saison comme présentement.

Fin des touts-inclus à la riviera maya?
J’exagère un peu mais, avant de prendre un tout inclus dans le coin, pensez-y à deux fois. L’offre de service, la sécurité et la salubrité alimentaire à Playa del Carmen sont vraiment excellentes. Il y a tellement de choses à faire ici que c’est un peu dommage de rester enfermer dans un tout-inclus.
Je comprends que si vous avez des enfants ça peut être beaucoup plus tentant. Dans le cas contraire, pourquoi ne pas prendre un petit peu plus de risque et profiter de l’offre de service de Playa. Vous aimerez, j’en suis sûr.
Je crois que les touts-inclus apportent plus de valeur lorsqu’ils sont dans des territoires où il est beaucoup plus difficile de voyager.
Voilà la fin de mon premier compte rendu. Je devrais partir pour Merida demain. Devrais  … car je ne suis pas encore certain, après tout il me reste encore quelques heures pour décider.
Coût de la vie pour être ici à long terme.
C’est certainement plus cher que certaines destinations asiatiques ou autres endroits au Mexique mais, il me semble qu’avec 1000$ par mois on survis, 1500$ par mois on est ok et au-delà de ça on est de plus en plus confortable et près de la plage. Je parle ici de vivre en louant un appartement meublé au mois avec cuisine pour y faire un peu de cuisine. Dès qu’on s’éloigne un peu de la Quinta les restaurants sont moins chers mais, à 5-10$ pour un repas, quand même assez chers.
Au plaisir,
Sylvain