jeudi 8 septembre 2011

Slovénie - Première Partie

Bonjour!

J’ai décidé de commencer mon voyage en Europe de l’est en Slovénie parce que, selon ce que je lisais, cela semblait être un territoire assez montagneux et un bon endroit pour faire des sports d’aventure. En cherchant sur le web j’ai même réussi à acheter un billet d’avion aller-simple pour Ljubljana, la capitale, pour environ 80$, incluant suppléments pour bagages en soute ainsi qu’embarquement prioritaire.

Par contre la capitale, après Paris, ne m’attirait pas tellement et j’avais de la difficulté à y trouver une chambre disponible à tarif raisonnable. Je n’avais pas l’intention de payer plus cher pour une chambre à Ljubljana que ce que j’aurais payé dans un hôtel à Paris. Je sais que la Slovénie est un des pays qui s’est le mieux intégré à la Communauté Européenne mais il y a quand même des limites.

Alors j’ai décidé d’arriver en Slovénie en no-where total. Je suis arrivé à l’aéroport, j’ai pris un autobus pour aller à la station centrale d’autobus de Ljubljana et, là, je me suis renseigné pour savoir où je pourrais aller la journée même.

J’avais quand même trouvé quelques renseignements sur Internet et avais une idée d’essayer d’aller jusqu’à Bovec, un petit village de moins de 3000 habitants dans les Alpes Juliennes, à environ 4 heures d’autobus de Ljubljana.

Je n’avais pas compté avec le fait que le 1ier septembre, jour de mon arrivé, coïncidait avec la fin de la saison haute dans la région et que des départs d’autobus étaient supprimés à partir de ce jour.

J’ai pu quand même prendre un autobus mais j’ai dû attendre 5 heures. J’en ai profité pour visiter la ville pendant ce temps, c’est assez mignon mais le centre touristique est plutôt petit. C’était aussi la première journée des classes et la ville était pleine d’étudiants barbouillés, écrire au crayon feutre sur les nouveaux étudiants semble faire partie du rituel d’accueil.



C’est une ville très accueillante, alors que j’étais assis sur une terrasse sur le bord de la rivière qui traverse le centre de Ljubljana des locaux sont venus m’observer manger et même deux d’entre eux, plus téméraires, ont pris place en face de moi et m’ont tenu compagnie pendant mon repas.

C’était la première fois que je faisais une visite de ville avec mes sacs à dos sur le dos et je n’ai pas trouvé cela plaisant. À mon retour à au terminus d’autobus j’ai découvert qu’à la gare voisine il y avait une consigne pour les bagages. Je vais savoir quoi faire si ça se reproduit.

Je suis donc parti à 17 :50 pour aller vers Bovec. J’étais déjà un peu nerveux car je savais que j’allais arriver tard et je n’avais pas de réservations de chambre. Ma nervosité grandissait de plus en plus à chaque fois qu’on passait, à la noirceur,  à travers un village semblant assoupi. Je voyais beaucoup de restaurants et d’hôtel fermés. Ah oui, je n’avais pas soupé non plus, j’étais un peu amorphe après m’être promené dans les rues de Ljubljana avec mes sac-à-dos et n’avais pas fait l’effort de m’acheter un sandwich ou de l’eau …

Finalement, vers 21 :30, nous arrivons à Bovec. Après avoir marché quelques minutes à partir de l’arrêt d’autobus, je trouve un restaurant-bed and breakfast, ouvert, et je m’y engouffre en espérant y trouver une chambre. En fait, deux chambres car un autre voyageur est descendu avec moi et il cherchait une chambre aussi …

On a été chanceux, il y avait des chambres simples pour nous, yay! Soulagement! Et le restaurant était encore ouvert pour 30 minutes alors on avait le temps de manger.

Réveil à Bovec

Je savais que Bovec était dans les Alpes Juliennes mais j’ai été tout de même très surpris du paysage que je pouvais voir par ma fenêtre lorsque je me suis levé. Jugez-en vous-même.



Sports d’aventures

Après un mois à Paris, j’avais besoin de bouger  et ça a été possible! Il y a plusieurs canyons qui peuvent être descendus et plusieurs parcours de kayak, de rafting et même d’hydrospeed. J’ai trouvé plusieurs compagnies offrant ces activités et, chose remarquable, les compagnies ne demandent pas de nombre minimum de personnes. C’est une super bonne nouvelle.

Canyoning

J’ai effectué deux descentes de canyon. Le premier, appelé le canyon de la SUŠEC, est un canyon plutôt facile quoi que la marche d’approche, courte mais raide et escarpée, a été tout un réchauffement. J’étais bien content de ne pas être ici en août alors qu’il fait beaucoup plus chaud.

Ce canyon ne comporte pas de rappels (en fait il pourrait en avoir mais les guides contournent les grosses chutes) mais ce qu’il n’a pas en rappel est grandement compensé par le nombre de sauts et de descente de style toboggan. Le toboggan est trop facile vous dites? Ok, alors on fait comme le guide pour augmenter le niveau de thrill, on les descend par en arrière, à reculons où même la tête la première en glissant sur le ventre. Côté thrill, ça marche!

Rendu au dernier toboggan, le guide nous rappelle qu’on a le choix de le faire ou pas, que c’est notre décision. Je n’ai jamais encore descendu un toboggan aussi long et, surtout, aussi à pic. Le guide nous explique qu’il nous avertit car il ne s’agirait que d’un faux mouvement et on pourrait se casser le bras sur une roche.

Compte tenu de ces avertissements, je décide de passer mon tour, je n’ai pas le goût de me blesser en voyage. Par contre, certains du groupe le font et le guide me demande avec un air surpris « tu ne le fais pas »? (il faut dire que j’avais fait d’autres sauts optionnels). Je lui dis mon dilemme et j’en viens à lui demander à quelle fréquence quelqu’un se blesse. Il m’a  répondu qu’en 13 ans de pratique comme guide, jamais quelqu’un de son groupe s’était blessé là. AHHHHHHHHHH! Ça donne un peu plus confiance. Je l’ai descendu … et j’ai crié. Tout un thrill.


L’accueil, au retour, était à la Slovène, c'est-à-dire avec une boisson de style snaps, aromatisé aux bleuets.


Le deuxième canyon, le Fratarica, a été un peu plus difficile à organiser. La plupart des visiteurs se contentent des canyons relativement faciles, sans rappels, ce qui fait qu’il n’y avait pas de demande pour un canyon un peu plus difficile. J’ai dû y aller seul, avec le guide, en payant un supplément. C’était un autre beau canyon, moins ludique mais plus technique avec quelques rappels, incluant une cascade de 45m, et j’ai eu beaucoup de plaisir à le faire malgré la grisaille de cette journée. Cela devrait paraître dans les vidéos que vous trouverez plus bas. Celui pris dans la cascade de 45m a été un peu … excitant à descendre, au risque de me répéter. Même si je ne la descendais pas en rappel, c’est mon guide qui me descendait pour prévenir un accident, tenir une caméra à bout de bras pendant que je me tiens avec l’autre (pour ne pas me faire retourner par l’eau de la cascade et me retrouver la tête en bas), le tout à 40m dans les airs, ça a fait pomper un peu mon petit cœur. J’espère que vous apprécierez l’effort que j’ai fait pour vous mes lecteurs!







Kayak sur la rivière Soča

La rivière Soca nait d’une source au pied d’une montagne, elle est une eau fortement minéralisé qui est très, très claire et d’une couleur exceptionnelle, donnant vers  le turquoise.


Avec Chris, un anglais de 21 qui travaille dans la région pour l’été comme guide, j’ai commencé par descendre une section facile de la rivière car je me sentais un peu rouillé et je savais que le niveau de l’eau, en cette fin de saison, était plutôt bas, augmentant le risque de collision avec les roches.

La descente s’est super bien passée et les paysages étaient magnifiques! Ça m’a donné le goût d’y retourner pour descendre une section un peu plus difficile. L’équipement de la compagnie pour qui Chris travaille était un peu vieillot par contre Chris était un super bon guide. J’ai dû choisir entre redescendre avec Chris mais en utilisant de l’équipement un peu moins moderne que celui auquel je suis habitué où aller avec une autre compagnie et un autre guide inconnu.

Finalement j’ai choisi de faire la descente suivante en utilisant les services d’une autre compagnie et d’un autre guide, connu en faisant de la spéléo, et ça a aussi été une belle descente.

Comme j’étais seul avec Rollie, il a fallu tricoter un peu pour la logistique. La solution a été qu’il transporte son vélo avec nous et le laisser à un endroit stratégique pour être en mesure de rentrer chercher l’auto à la fin du parcours.

Pendant que Rollie s’occupait de la logistique j’ai commencé à faire la descente seul, en faisant le dernier segment de la première descente. Nous avions convenu d’un rendez-vous un peu plus bas dans la rivière, pour sauver du temps. Même si j’étais déjà descendu là, c’était quand même une nouvelle expérience. Lors de la première fois je n’avais qu’à suivre le guide pour trouver les bonnes lignes pour descendre les rapides. Cette fois-ci il fallait que je lise la rivière moi-même … C’est pas mal plus actif.

Je m’en suis bien tiré et une fois le rendez-vous effectué nous avons pu continuer la descente ensemble.

C’était effectivement pas mal plus sportif (et il semble que la section après notre point de sortie monte aussi la difficulté d’un autre cran) et j’ai été content de ne pas avoir commencé par cette partie car je crois que, rouillé, j’en aurais arraché un peu. Mais, bien réchauffé, c’est très bien allé. Rollie avait une caméra vidéo montée sur son casque alors il a pu filmer de bonnes parties de notre descente. Ça me permet donc de partager l’expérience avec vous … comme si vous y étiez.

Si vous êtes attentif vous me verrez peut-être chavirer dans un rapide mais réussir à remonter très rapidement.
Bon spectacle …



Mt Kanin

Comme je le disais plus haut, Bovec est entouré de montagnes qui dépassent les 2000m d’altitude. Le village de Bovec étant lui-même situé à environ 450m d’altitude, il y a plus de 1500m de projection et tout cela dans une vallée étroite.

Bovec est aussi une destination de ski en hiver et, grâce à cela, il y a un téléphérique qui monte en haut d’une des montagnes et, à partir de là, il y a plusieurs sentiers de randonnées pour explorer les environs. Cela sauve l’ascension et rend la montagne plus accessible. Pendant la haute saison, l’été, le téléphérique fonctionne à tous les jours mais comme on est en septembre ce n’est plus le cas, le téléphérique ne fonctionne que les week-ends.

L’ascension prend environ 30 minutes et, arrivé en haut, on est complètement dans un autre monde, celui de la haute montagne. La végétation, rare, y est plus du domaine du lichen. Il n’y a pas d’arbres ou d’arbustes. Ce qu’il y a en abondance ce sont les cailloux, partout! Il faut dire que le roc des montagnes est poreux à l’eau et est dissous par l’eau. En ajoutant en plus le travail du gel et dégel en hiver, ça produit un terrain où l’érosion est super active.

La dissolution de la roche par l’eau et la présence ancienne de glaciers a vraiment travaillé la roche, c’est vraiment chaotique comme paysage. Il y a plein de craques, crevasses et même des gouffres. Le gouffre le plus profond du coin à une profondeur de 1500m. C’est énorme.

Je m’y suis promené pendant quelques heures, jusqu’à un refuge où j’ai lunché et je suis retourné le plus rapidement possible au téléphérique pour redescendre, je trouvais que le temps devenait de plus en plus menaçant et je n’avais vraiment pas le goût de me retrouver à marcher dans le brouillard sur ces crêtes de roches. C’était déjà assez compliqué avec une bonne visibilité.

Au moment où je me promenais sur la montagne il n’y avait pas beaucoup d’autres promeneurs. J’en apercevais parfois au loin. Il faut quand même dire que, sur mon sentier, il y avait un couple d’amoureux un peu en avant de moi qui prenaient plaisir à faire augmenter le french-o-mètre à chacune de leurs pauses. Je les comprenais, c’était vraiment enivrant de se promener ici et je me sentais bien, heureux et chanceux d’être ici.

Je ne suis quand même pas allé jusqu’à frencher une roche (bien que plusieurs aurait pu faire l’affaire, sculptées par l’eau!) mais je me suis mis à fredonner tout doucement.












Spéléologie

Comme je le mentionnais plus haut il y a des cavernes ici. En fait une autre région de Slovénie est reconnue pour ses immenses cavernes aménagées pour le tourisme. Bovec est en train de devenir une destination internationale pour le tourisme de spéléologie avec encore plein de gouffres et de cavernes à explorer et cartographier pour la première fois.

Après avoir fait mon deuxième canyon, j’ai entendu parler qu’il y avait un groupe qui allait faire une caverne avec mon guide. Comme je ne me sentais pas trop fatigué et que j’avais vraiment le goût de faire une caverne j’ai sauté sur l’occasion. L’opérateur qui organise ces expéditions demande à avoir plus qu’un inscrit pour faire la sortie alors si je n’avais pas saisi l’occasion, j’aurais peut-être dû oublier cela pour cette semaine.

Et cela aurait été regrettable. Nous avons exploré une caverne d’un type que je n’avais jamais fait, une caverne avec une bonne progression verticale dans laquelle il fallait parfois s’aider avec des cordes pour grimper. Sur cette photo, d’ailleurs, vous pouvez voir la sortie de la caverne, en haut, et l’entrée, la craque vers le bas à droite de la photo.

Il s’agissait de la vraie spéléologie, pas de couloirs aménagés, pas de béton.  Il a fallu ramper, grimper, ramper encore, faire un rappel, se tortiller, …

Il y avait beaucoup de boyaux secondaires, sans guide il aurait été très facile de s’y perdre.




Si vous voulez savoir l’impact que ça a sur un groupe de devoir ramper dans un boyaux étroit dans lequel il y a des flaques d’eau froide et, en même temps, apprendre de nouvelles expressions anglaises alors regardez ce vidéo.

En plus du guide j’étais avec 3 anglais et j’ai eu droit à du langage très coloré!

4x4 Extrême

L’histoire commence à Montréal, au mois de juillet, lorsque je me suis acheté une très bonne paire de chaussures … trop petites. Je m’en suis aperçu en quelques jours lorsque j’ai commencé à avoir des ampoules à des endroits où je n’avais jamais eu d’ampoules. Il était malheureusement trop tard pour les échanger.

À Paris, une séance de magasinage extrême m’avait fait acquérir une nouvelle paire plus approprié à ma taille et m’avait aussi donné des ampoules aux deux mains à force de lacer et délacer.

Il me restait quand même un problème, j’avais une paire de chaussures presque neuve que je ne voulais tout de même pas jeter. J’attendais de trouver quelqu’un à qui les donner, demandant à de quasis inconnus, de temps à autre, la taille de leurs pieds …

J’ai finalement trouvé, mon deuxième guide de Kayak, Rollie, avait la taille parfaite. En plus il s’auto décrit comme un « shoe nerd ». Je ne pouvais pas mieux tomber. Il voulait m’acheter mes chaussures mais j’étais mal à l’aise de les vendre. Je lui expliqué le principe du « pay it forward » (donne au prochain?) lui disant qu’il n’avait juste à, un jour, donner quelque chose à quelqu’un et qu’éventuellement le monde serait meilleur à cause de cela.

Il était toujours réticent à accepter et cherchait quelque chose à m’offrir et, après quelques tentatives, il m’a proposé de l’accompagner, en fin de journée, dans une expédition de 4x4 dans une vieille jeep russe, en m’avertissant que ça serait extrême …

NOTE : Lorsqu’un guide qui passe toutes ses journées à guider des clients dans des activités plutôt adrénalitiques (je ne crois pas que ce mot existe mais, bon, vous comprenez) décide de faire des activités pour se faire plaisir et lui générer une dose d’adrénaline qui lui fait de l’effet, il faut s’attendre à quelque chose d’assez fort pour le commun des mortels comme moi. J’avais pu constater cela lors de mon aventure en ATV dans des dunes au Mexique.

Et c’est en plein ce que j’ai eu. J’espère que les vidéos vous permettront de le constater. Ouf, je suis rentré sain et sauf.

Sortir de Bovec

Mais comment sortir de Bovec et pour aller où? Mon premier choix aurait été d’aller au col de Vršič, un endroit supposé magnifique. Mais, maintenant, il n’est possible d’y aller en autobus que les week-ends et le prochain week-end est un peu loin.

Sinon il y a bien deux autobus pour Ljubljana, à tous les jours, mais de faire le trajet de presque 4 heures pour Ljubljana et, de là, prendre un autre autobus pour un peu revenir sur mes pas pour aller au Lac Bled ou au Lac Bohinj ne m’attire pas tellement.

L’office du tourisme de Bovec ne m’aide pas tellement mais, finalement, en parlant avec les habitants locaux, je découvre qu’il y a une gare à environ 90 minutes d’autobus de Bovec et que de cette gare il est possible de prendre un train pour Bohinj ou Bled. Ce train passe dans un vieux tunnel centenaire sous les montagnes et est un raccourci pour changer de vallée!  Voilà ma solution.


Belle rencontre …

Non, non, je ne parle pas de belles slovènes mais plutôt d’un homme …

Le premier, rencontré alors que j’attendais l’autobus pour quitter Bovec, devait avoir au moins 200 ans, en tout cas si je me fie à la dentition, pour les dents qu’il lui restait, et à sa peau. Nous avons parlé un peu de sa vie … en français! Il est né en Belgique et est venu habiter ici avant la deuxième guerre mondiale. Son père, mineur, est mort jeune en Belgique et ses frères, mineurs aussi, ont connus le même sort mais en république tchèque. Malgré le fait qu’il n’avait pas parlé français depuis longtemps je trouvais qu’il s’exprimait tout de même très bien. Comment avait-il préservé son français? En écoutant des disques de Tino Rossi … Je lui ai demandé s’il avait des enfants et il m’a répondu que non, il était célibataire. Il a précisé que les femmes slovènes cherchaient des conjoints fortunés et comme il était pauvre, il est resté seul. Qu’il y a cent ans, c’était la possession de la terre qui contait et que maintenant c’était l’argent! Mais il s’est vite rattrapé, le coquin, en me disant qu’il n’avait pas _encore_ d’enfants. 

Drôle mais ça m’a quand même amené à me projeter dans le futur pour voir si un jour ça serait moi  le vieux coquin qui raconterait que je n’ai pas encore d’enfants …

Anglais en Slovénie

Un peu partout, en préparant cette partie du voyage, j’avais lu que l’anglais était pas mal parlé en Slovénie. Selon mon expérience ce n’est pas si vrai que cela. Je ne suis pas vraiment sorti des sentiers touristiques et j’ai eu plusieurs fois de la misère à communiquer. J’ai essayé d’apprendre un peu de Slovène mais ce n’est pas une langue qui me rentre facilement dans le cerveau …

Transport

J’avais décidé de faire la Slovénie en transport en commun. Par contre, étant hors de la haute saison, les options pour les autobus dans certains coins reculés comme Bovec étaient plutôt limitée et même en haute saison, il y a tellement d’endroits avec de beaux paysages et villages à visiter que j’en viens à faire cette recommandation : Si vous voulez bien visiter les Alpes Juliennes en Slovénie, louez-vous une voiture.

Suite … un peu confus

Au moment d’écrire ces lignes pour terminer ce blog je suis logé sur une ferme dans un petit village pas très loin du lac Bohinj. J’en parlerai dans mon prochain blog.

Je ne sais pas si c’est un down post-rush-d’adrénaline ou si c’est la fatigue du voyage ou si le fait de voyager seul devient un peu lourd mais je me sens un peu confus pour la suite des choses. J’ai de la difficulté à me définir un itinéraire pour les prochains jours et les prochaines semaines.

Il faut dire qu’il y a tellement de choix dans le coin. Est-ce que je visite des villes. Est-ce que je vais sur le bord de la mer. Un peu de montagne? Dans quel pays? Il y a probablement une quinzaine de pays qui sont relativement près. Parfois, trop de choix est un peu paralysant!

Et pour chaque destination il y a un processus logistique à planifier, beaucoup de décisions, comment je m’y rends, où loger, quel itinéraire prévoir pour la région. Je ne suis pas excité par ces décisions, ces plans.

J’aurais même l’option de retourner à Montréal pour deux semaines, ayant trouvé des billets d’avion vraiment pas chers qui me permettrait de prendre un vol direct pour Montréal et, le 9 octobre, un autre vol direct pour Istanbul, le dernier de la saison, à prix d’aubaine.

Le tout en gardant en tête que l’automne arrive à grand pas et que la météo sera bientôt beaucoup moins agréable pour le voyage et que les infrastructures touristiques diminuent de semaines en semaines.

Je ne sais pas trop. S’agit-il d’un creux temporaire? Ou est-ce que ça voudrait dire qu’il est temps de rentrer à Montréal pour de bon? Ou plutôt me trouver un endroit où rester plus longtemps qu’un mois, quitte à utiliser cet endroit base pour faire des escapades et y rester jusqu’à ce que je ressente une nouvelle montée de « reprendre la route »?

Ou, peut-être, est-ce la région qui m’accroche moins? Un changement de région s’imposerait-il?

Je pourrais aussi retourner dans un endroit de sports d’aventures et m’étourdir un peu mais, même cela, deviendrait un peu lassant à la longue, ce n’est pas la solution.

Il me semble qu’il est un peu tôt dans mon voyage pour en arriver là. Certains voyageurs parlent de la crise de mi-voyage, que j’avais connu lors de mon voyage solo en Asie en 2002, après un mois dans mon voyage de deux mois. Mais comme mon voyage n’a pas de limite alors c’est difficile de parler de mi-voyage! Chose claire, il me manque une petite étincelle présentement.

C’est vrai que ça maintenant déjà plus que 6 mois que je suis parti …

Mon plan général, pour les prochains mois, était de me promener en Europe de l’est pendant encore quelque semaines, aller à Istanbul en reconnaissance pour une semaine ou deux, pour voir si ça serait un bon endroit où séjourner quelques mois au printemps, et, de là, me diriger vers Madagascar et La Réunion pour le mois de novembre et une partie de décembre. Après, j’irais quelques part en Asie du sud-est. Possiblement passer quelques mois à Bangkok où Chiang Mai.

Je pense, par contre, qu’il serait bon que je retrouve cette étincelle qui m’échappe avant d’aller à Madagascar car ça va être beaucoup plus difficile d’y voyager  et, une fois rendu, ça va être assez difficile et très couteux de changer de plans.

Ça serait bien de me faire part de vos pensées à ce sujet!

Au plaisir,

Sylvain

dimanche 4 septembre 2011

Un mois à Paris ...

Un mois à Paris! Un mois à habiter au même endroit! Quand j’ai commencé à penser à cela ça m’a paru tellement long, un mois. Mais, finalement, c’est passé très et même trop rapidement!


Mon Appart

Mon appartement était super bien situé, pour le transport, près du métro Blanche, c'est-à-dire près des quartiers Pigalle, Montmartre. J’étais à environ 10 minutes de marche du Sacré Cœur. J’habitais dans un quartier plutôt chaud, comptant beaucoup de salons de massages et de bars à hôtesses et un peu bruyant mais cela ne causait pas vraiment de problème. Et puis, avoir cette vue en sortant du métro le soir en rentrant à la maison, ça vaut bien un peu de bruit …

Étrangement c’était aussi le quartier des musiciens, il y avait plein de boutiques d’instruments de musique. Pour aller à la boulangerie (ouverte pendant tout le mois d’août) je n’avais qu’à descendre en bas de mon appartement.

Mon appartement était au 5ieme étage et avait un balcon qui donnait une vue sur les toits de Paris. C’était aussi un bel endroit où m’installer pour lire ou pour y siroter une coupe de vin.



CouchSurfing
Un mois à Paris c’est beau, mais un mois seul à Paris ça pourrait être un peu long. Mon outil principal de socialisation à Paris a été Couchsurfing. Pas en allant dormir sur les sofas des gens mais plutôt en participant aux activités organisés par des membres à Paris. Rodney, un américain qui passe ses étés à Paris depuis quelques années est un organisateur particulièrement actif : À tous les jours, pendant son séjour, il organise un pique-nique dans un parc de Paris. Aussi, à tous les dimanches, il organise des visites de marchés parisiens.



À travers ces activités j’ai fait de belles rencontres et j’ai découvert de nouveaux coins de Paris. J’ai, en tant que vieux routier de Paris, même agi comme guide touristique!



Solitude
Finalement, non, pas de solitude. En faisant quelques efforts pour rencontrer, en utilisant couchsurfing pour des activités qui me plaisaient, en faisant du réseautage et en visitant mes amis qui habitent à Paris, je n’ai jamais vraiment souffert de solitude. En plus j’avais une série hyper captivante à lire sur mon Kindle, la série « A Song of Ice and Fire » de George R. R. Martin.  Soyez avertis, c’est une très longue série et elle semble être très addictive!
Je n’ai malheureusement pas établi de contact significatif avec des français parisiens (ils devaient être tous en vacance!) mais j’ai établi de beaux contacts avec plusieurs voyageurs et des personnes habitant à Paris pour quelques années.
Visite à Strasbourg
La famille du chum à ma mère ayant de la famille à Strasbourg ils ont fait un échange d’appartement et ma mère et son chum étaient à Strasbourg pour deux semaines pendant le mois d’août. J’ai pris le TGV pour m’y rendre et y passer deux jours. Comme toujours j’ai été super bien reçu et on a même pu faire une balade en voiture pour aller voir des montagnes pas trop loin.
Par contre, quand on est un enfant boomerang, il faut être flexible. Voici la chambre et le lit où j’ai dormis à Strasbourg. Avouez que je suis mignon?
Marchés Parisiens
Quelques jours après mon arrivée à Paris je suis allé visiter le marché de Saint-Quentin, un des plus gros et j’ai eu … peur! Les trois quart des commerces étaient fermés pour cause de vacances! AIE! Heureusement, avec les activités de Couchsurfing j’ai découvert d’autres marchés qui étaient quand même très actifs. Mes marchés favoris ont été les Marchés de la Bastille et Poncelet. Il y a un site qui donne la liste des marchés ainsi que les jours d’ouverture, c’est très pratique :


Avez-vous déjà mangé des cèpes? Miam, je vous recommande d’essayer d’en trouver, c’est fou comme ce sont de bons champignons.




Cuisine à la maison
J’ai finalement pas mal moins cuisiné que je pensais, même si j’avais une cuisine assez bien équipée, entre autre avec une plaque à induction, cela cuisine tellement bien. Mais je me suis au moins cuisiné un Cake et, surtout, un repas thématique canard : Foie Gras poêlé aux poires confites suivi de confit de canard aux cèpes et haricots verts. Le tout accompagné de super bon vins!

J’ai aussi découvert qu’il y avait différentes qualités de foie gras (en tout cas au moins ici). Au marché Poncelet j’ai acheté un foie gras frais de qualité extra et je n’ai jamais eu un foie gras aussi facile à cuisiner. J’en ai cuisiné au moins une dizaine de fois à Montréal et je ne me rappelle pas d’avoir eu un aussi bon résultat. La gang de couchsurfing était contente quand j’ai apporté mes restes au pique-nique du lendemain et qu’on s’est tartiné cela sur du pain baguette.


Wine Bars
Le vin n’est pas cher en France. Il est possible de s’acheter des bouteilles très buvables à l’épicerie pour quelques euros. J’ai même trouvé du Sauternes à l’épicerie! Il y a aussi une grande prolifération de bars à vins où il est possible de découvrir des vins en les dégustant au verre. Vers le milieu du mois, j’ai eu la grande chance de rencontrer Kristen, une américaine adorant les vins, ayant déjà vécu à Paris pendant 3 ans, et elle m’a fait découvrir plusieurs bars à vins ainsi  que quelques bons restaurants.  Une belle découverte car je ne serais sans doute pas allé dans un bar à vins tout seul.
Si vous faites un séjour de ce type, attention à votre foie!
Salsa sur les Quais de la Seine
Pendant l’été, presqu’à tous les jours, il y a de la salsa sur les quais de la seine. En fait, pas juste de la salsa, j’y ai aussi vu du tango et d’autres danses. J’avais bien le goût d’aller y danser au moins une fois et, ça tombait bien, Kristen rêvait d’y aller. Alors on y est allé un soir et c’était magnifique.
Lors d’une tentative précédente j’y étais allé seul et même si la soirée avait été annulée j’avais pu remarquer que les parisiens aiment aller pique-niquer sur les quais et que c’est un très bel endroit où être pour regarder le soleil se coucher. Une fois le soleil couché, si il n’y a pas de salsa (ou après la salsa) pourquoi ne pas aller voir la tour Eiffel scintiller (à toutes les heures) à partir d’un pont de Paris ou à partir du jardin des tuileries?
Rock-en-Seine
À La fin du mois d’août, il y avait un festival rock sur les bords de la seine, le festival Rock-en-Seine. N’étant jamais allé dans un festival de ce type dans le passé j’ai décidé d’aller y faire un tour, un beau dimanche après-midi.
Ça a été une belle balade, j’ai découvert de nouveaux groupes, mais j’ai trouvé un peu difficile d’apprécier ce genre de spectacles dans une foule quand même assez dense, sur un terrain légèrement boueux et surtout avec un son aussi fort. J’avais oublié d’apporter mes bouchons.
Par contre l’expérience de ressentir la puissance de la batterie, à travers d’immense subwoofers, dans ma cage thoracique, a été pas mal impressionnante.

Visite à Sceaux
Je suis allé visiter un couple d’amis qui habite en banlieue de Paris depuis 3 ans et ils m’ont amené visiter le parc du château de Sceaux. C’est un immense parc, avec de très beaux jardins, au milieu duquel se trouve un pas mal gros château. C’est impressionnant de voir cela si proche de Paris. Une belle promenade.

Par la suite, nous avons cherché un restaurant ouvert et disponible pendant un bon bout de temps, l’impact des vacances se fait sentir beaucoup plus en banlieue qu’à Paris même. Je ne recommanderais pas de vous installer en banlieue de Paris pour le mois d’août.

Août, vacances parisiennes
Malgré les vacances, à Paris même, il y avait encore de la vie. Par exemple, il semble que les boulangeries se coordonnent entre elles pour assurer du service dans chaque quartier. Mais cela restreint quand même ce que l’on peut y faire. Plusieurs restaurants, dont la plupart des très bons restaurants, étaient fermés pour le mois d’août. Il en était de même pour le théâtre, souvent en relâche.  La plupart des activités de style cours étaient aussi en relâche pour le mois. Vers la fin du mois je pouvais constater une nouvelle ville qui s’éveillait, juste à marcher dans les rues, je découvrais de nouveaux commerces qui apparaissaient de derrière leurs grillages d’acier.
Je crois qu’il va falloir que je revienne pour encore au moins un mois à une autre époque de l’année. J


Malade en voyage
Malgré la période de repos en Normandie et les nombreuses baignades en eau salée, je me sentais toujours fatigué et j’avais encore un écoulement dans la gorge. J’ai décidé d’aller voir un ORL et, j’ai été chanceux, j’ai obtenu un rendez-vous la même journée.
L’ORL a fait un examen endoscopique de mes sinus et je pouvais suivre l’exploration sur un écran. C’était une bonne idée car ça m’empêchait de me concentrer sur la fibre optique qu’il m’a rentré dans le nez jusque dans la gorge. Gulp.
Résultat? Diagnostique d’une grosse sinusite résistante aux antibiotiques. Traitement de cheval pendant 15 jours, suivi d’un scan des sinus pour voir s’il y a des anomalies et j’ai revu le docteur à la fin août, à son retour de vacances.
Le traitement était vraiment lourd, deux sortes d’antibiotiques, cortisone, 2 sortes de corticostéroïdes et certains des médicaments devaient être mélangés et après envoyés sous forme aérosol avec un appareil appelé un nébuliseur.

Le tout a été un succès, je semble guéri maintenant. Compte tenu que je trainais cette sinusite depuis quelques mois, je pouvais bien être fatigué … Ça m’amène à souligner que lorsqu’on n’est pas dans la vie normale, on n’a pas non plus la pression de performance de la vie normale. Ça peut permettre à des maladies de progresser tranquillement et de nous affecter de plus en plus, de façon insidieuse. C’est encore plus vrai lorsqu’on est seul, il y a personne pour nous dire, hey, tu es donc bien fatigué tout le temps …
Alors il faut faire attention!
L’ORL ma aussi dit que l’opération que j’ai eu aux sinus en 2004, pour éviter des sinusites à répétition, a été mal faite et que je devrai sans doute me faire réopérer un jour. Je solliciterai sans doute une autre opinion quelque part ailleurs dans le monde …
Mais maudit que j’ai bien fait de prendre un mois à Paris, ça aurait été pas mal plus difficile à traiter en voyageant.


Tourisme lent
Finalement, pendant ce mois à Paris, je n’ai pas tellement joué au touriste, j’ai plus vécu, lentement, au jour le jour. Ça a été totalement différent, comme séjour, de mes autres visites à Paris et de ce que j’ai fait dans mon voyage à date. J’ai aimé. Je dirais même que j’ai adoré. Je vais probablement répéter l’expérience, dans d’autres villes, dans le futur. Au palmarès, présentement, des villes où essayer cela figurent : Istanbul, Bangkok, Bali-Ubud, Chiang Mai(Thaïlande), Berlin, Buenos Aires, Prague … Si vous voulez ajouter à la liste, ne vous gênez pas!
Départ pour la Slovénie
Le premier septembre, j’ai quitté Paris pour la Slovénie. Je vous en parlerai dans un prochain blog!


Au plaisir,

Sylvain

mercredi 3 août 2011

Séjour en Normandie et maintenant à Paris pour un mois


Merville-Franceville-Plage

C’est le nom du village normand où mes amis ont acheté une maison. En fait c’est une collection de villages qui ont été fusionnés dans une même localité. On est ici en plein cœur de l’histoire du débarquement de la deuxième guerre mondiale. Le village de Franceville a, d’ailleurs, été complètement détruit à cette époque et a été reconstruit par la suite.
Lors d’un passage précédant, en 2003, j’avais visité plusieurs des sites du débarquement alors je n’en parlerai pas plus dans ce blog sinon pour dire que pour les amateurs d’histoire, il y a vraiment beaucoup d’endroits et musés à visiter sur ce sujet.
Je suis arrivé à Franceville après avoir fait un magnifique séjour à Montréal pendant lequel j’avais eu l’occasion de voir et festoyer avec amis et famille. La température, à Montréal, était parfaite, un peu avant la grosse canicule de juillet.

En Normandie, par contre, je me retrouvais seul, malade (n’ayant toujours pas réussi à guérir le rhume que je traine depuis le Belize), il pleuvait et il faisait froid! En fait, pendant tout la durée de mon séjour en Normandie le mercure a peiné à dépasser les 20 degrés. Mes premiers jours en Normandie se sont donc passé dans une ambiance plutôt maussade mais, signe avant-coureur de la chaleur des normands, j’ai quand même été invité deux fois à souper dans la famille de mes amis.
Puis, mes amis sont arrivés et, quelques jours plus tard, le soleil est réapparu.

… et le tourbillon social a commencé! Les normands sont très, très chaleureux et socialisent beaucoup. Le point d’ancrage de cette socialisation est … le repas. Repas qui commence avec l’apéro suivi d’une entrée, d’un plat principal, d’une salade, du plateau de fromages et, souvent, des desserts. Le tout, copieusement arrosé de très bons vins ou de cidre, s’étalant sur quelques heures.
Une fois mon postérieur (et ma panse!) entrainés, j’ai passé beaucoup de bon temps autour d’une table à discuter avec des gens chaleureux et très gentils.
Et j’ai tellement bien mangé! J’ai été reçu comme un roi! Un gros merci à Marie-Claude et Dominique qui m’ont fournis pendant mon séjour beaucoup plus que 4 murs et un toit mais plutôt un doux foyer!




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Une fois le soleil arrivé, nous avons pris l’habitude d’aller nous baigner à tous les jours en fin d’après-midi. L’eau, à 16-17 degrés était plutôt froide mais, avec beaucoup de volonté, après quelques répétitions, cela devenait de plus en plus facile d’y aller. Les normands ont la couenne dure, même si il ventait et il faisait moins que 20 degrés, il y avait quand même pas mal de monde sur la plage en train de se faire bronzer.

Plage qui changeait énormément selon les marées, il y avait une très grande différence entre la marée basse et la marée haute.

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Note : Il ne faudrait pas penser qu’il fait toujours aussi froid en Normandie, le mois de juillet, partout en France, a été exceptionnellement froid et pluvieux.

La traversée de la baie du Mont Saint-Michel

Lieu d’un phénomène maritime exceptionnel, cette baie, d’environ 200km carrés, se découvre presque complètement lors de la marée basse. L’eau se retire sur plus de 10km. Deux petites îles granitiques y sont situées, Tombelaine et le Mont Saint-Michel.

Sur l’île du Mont Saint-Michel se trouve une abbaye, et un petit village, qui sont une destination de pèlerinage depuis plus de mille ans. Il s’agit du deuxième site le plus visité en France, avec plus de 3 millions de visiteurs par an.

Plutôt que de me rendre en voiture à l’île et de la visiter avec une horde de touriste j’ai opté pour la traversée de la baie par marée basse. C’est une traversée, d’environ 15km aller-retour, à partir du Bec d’Andaine, qui se fait pied-nus en marchant sur le sable, la glaise et la vase.

Il est impératif de faire cette traversée avec un guide (http://www.cheminsdelabaie.com/) car le chemin sécuritaire change de marée en marée et l’endroit qui était sécuritaire hier ne l’est peut-être plus aujourd’hui. La marée monte assez rapidement, jusqu’à 6km à l’heure et peut coincer des marcheurs perdus sur un îlot de sable se rétrécissant de minute en minute.

Il y a aussi les sables mouvants dont le guide nous a fait démonstration. Je m’attendais à marcher sur une surface dans laquelle je m’enfoncerais mais c’est beaucoup plus traitre que cela. Le sol est en apparence très solide. Ce n’est que lorsqu’il est soumis à des vibrations (comme le piétinement de milliers de pèlerins ou de soldats en armure) qu’il commence à onduler comme s’il s’était transformé en pâte à modeler et, soudainement, il se liquéfie et tout ce qui se trouve dessus commence à s’enfoncer.

Pour en faire la démonstration, notre guide nous a fait taper des pieds et une grosse plaque de sol jusque-là très solide s’est mis à bouger. Quelques secondes plus tard j’avais les jambes enfoncés jusqu’aux genoux. Il faut dire que j’étais un participant très enthousiaste.


Même avec les jambes enfoncées aux genoux ça m’a été difficile de me déprendre. Si je m’étais enfoncé jusqu’à la taille, je n’aurais pas pu me déprendre seul. Pour des raisons de densité il est impossible de s’enfoncer complètement mais ce fait ne sauvera pas votre vie lorsque les sables mouvants sont sous l’eau (ainsi que votre tête) ou que la marée montante se rapproche rapidement de vous …

Ajoutez la possibilité de brouillard, fréquent à cet endroit et le fait que les lits des 3 fleuves qui se jettent dans cette baie se déplacent régulièrement et vous aurez les ingrédients pour une traversée cauchemardesque.

Imaginez plusieurs milliers de pèlerins faisant la traversée quand, soudainement, le sol se dérobe sous leurs pieds …

Mais, bon, l’église catholique avait une réponse à cela, un pèlerin qui mourrait pendant son pèlerinage recevait un passage direct vers le paradis, sans passer GO, peu importe la gravité de ses péchés. Pour certain, c’était peut-être la seule façon d’aller au paradis!

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Peut-être vous dites-vous que ces sables mouvants sont impressionnants mais qu’à moins de courir après il y a peu de chance que vous en rencontriez? Je vous invite à regarder ce vidéo du tremblement de terre en 2011 en Nouvelle-Zélande et vous verrez que ce n’est pas juste en marchant qu’on fait des vibrations et que ce n’est pas juste dans des baies qu’on trouve des sols qui se liquéfient (regardez au moins la voiture vers 0 :45 dans le vidéo …)

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Notre traversée, faite sous un ciel couvert, s’est faite sans anicroche. Nous avons eu environ une heure au Mont lui-même pour luncher et j’en ai profité pour faire une promenade éclair sur le site. C’est vraiment un site très touristique, il y avait foule! Je crois que c’était beaucoup plus agréable de voir le Mont au loin à partir de la baie que de le visiter. Par contre, une visite avec un guide qui aurait pu raconter les histoires du Mont aurait sans doute été très agréable.





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J’ai appris un nouveau mot : Mascaret, je vous invite à lire là-dessus, cela pourrait sauver votre vie!

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Mentions Spéciales

  • Le marché ambulant qui venait à Franceville à tous les jeudis.
  • Les bons vins que Dominique nous ouvrait (comme un Mercurey 198X).
  • Le verre de Muscat que Michel, père à Dominique m’a souvent offert.
  • Le vieux fromage de Comté ainsi que celui de Gruyère dont on s’est régalé, bon à s’en rouler par terre, plein d’umami. http://fr.wikipedia.org/wiki/Umami
  • Le pouce magique de Marie-Claude qui a été utilisé pour masser mon cou et ceux qui étaient dans le besoin.
  • Marie-Claude qui m’a tiré au tarot.
  • Le guichet automatique de Caën qui m’a fait avoir des sueurs froides en avalant ma carte.
  • Le merveilleux système de trains français pour aller à Paris.
  • Une sortie en catamaran avec Dominique, qui a été un très bon élève!
  • Yvette et Michel, les parents à Dominique, qui m’ont reçu plusieurs fois.
  • Sylvia et Jean-Luc, qui m’ont aussi reçu plusieurs fois.
  • Le pain frais matinal de la boulangerie du coin.
  • J’ai réussi pour la première fois de ma vie à reproduire la recette de crêpes spéciale de ma mère, en manger en Normandie avec du sirop d’érable.
  • La mer fertile nous ayant offert deux fois des coques récoltées par Dominique le matin même.
  • La mer fraîche, tellement revigorante, et salée, bonne pour les sinus.
  • Mes fesses pour m’avoir permis de rester assis si longtemps sur des chaises pour profiter de bonne bouffe et bonne compagnie.
  • Le vide grenier collectif du 31 juillet, vente de garage monstre.
  • Marie-Claude et Dominique, encore une fois, pour avoir été de si bon hôtes!






Paris

Je suis maintenant à Paris, pour le mois d’août entier. Mon objectif est de tenter d’y vivre un peu comme un Parisien et non comme un touriste. Dans cet objectif je me suis loué un appartement, avec une cuisine, dans le 9ieme arrondissement, près du métro Blanche. Pour le trouver, plutôt que de chercher des annonces, j’ai décidé de renverser le marcher et d’annoncer mon souhait sur deux sites et de faire mes recherches à partir des réponses reçues.
Le site Craigslist a donné la meilleure récolte. Plus de 30 propositions de location reçues en quelques jours. J’ai en retenu 5 que j’ai visité lors d’une escapade, en train, à Paris à partir de la Normandie et celui que j’ai retenu finalement me coute 1000 Euro pour le mois, tout inclus.
Je vous raconterai Paris dans un prochain blog …

Futur

J’ai déjà acheté mon billet d’avion pour aller en Slovénie, le premier septembre. Imaginez-vous donc que ce billet, un aller simple, avec EasyJet, incluant le supplément pour bagage en soute et l’embarquement prioritaire m’a couté 85$. Pas 85 Euro. 85$ CDN. Wow. À quand ce type de transporteur au Canada?
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Au plaisir,

Sylvain